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LYON 1er : EXPOSITION BRIGITTE BAUER ET MARIE MAUREL DE MAILLE "SOUVENIRS D'AVENIR" AU BLEU DU CIEL


Du 07/06/2019 au 26/07/2019
Le Bleu du Ciel, 12, rue des Fantasques, 69001 LYON



Du 7 juin au 26 juillet 2019,

 

Brigitte Bauer et Marie Maurel de Maillé

"Souvenirs d’avenir"

 

Souvenirs d’Avenir, un opus photographique

Ouverture : lento
Lorsque j’ai proposé à Brigitte Bauer et à Marie Maurel de Maillé de travailler autour du concept de « souvenirs d’avenir », elles ne parurent pas surprises, au contraire si inspirées que quelques mois après, elles me présentèrent une oeuvre complète en forme de dyade.
Selon la sagesse arabe : « Mektoub » le passé est devant moi et je le connais quand il arrive, alors que « l’avenir est derrière moi et reste imprévisible. »
Cet oxymore de la pensée joue sans doute avec l’ambiguïté : ce passé qui arrive devant moi et que je connais fait référence à la connaissance de soi, qui implique la compréhension des phénomènes de répétition des comportements hérités, pendant que l’avenir qui est derrière moi reste imprévisible, si on ne se connait pas et que l’on répète ces mécanismes du passé.
Cet avenir qui est en fait le chemin que l’on parcourt du présent au futur, avec sa capacité d’anticipation par l’imagination ; ce futur qui n’existe pas, n’étant pas advenu, et derrière lequel l’on court sans cesse en inventant l’à venir. Mais que peut-on vraiment anticiper ? Et peut-on se connaître soi-même ? Toute notre existence n’excédant jamais réellement ce cadre éphémère qu’est le présent ? Peut-être à travers le mouvement des planètes, qu’observent les astronomes depuis toujours, calculant leur orbite future en fonction de leur passage antérieur, grâce à la connaissance mathématique précise de leur cycle, et de leur durée, qui induit leur position ultérieure.
Cultiver des souvenirs d’avenir reviendra donc toujours à s’immerger dans le présent, en méditant sur ce passé qui nous attend : devant, et devra se transformer en « amor fati » soutenu par l’intuition et la lucidité qui de concert construisent la joie : notre unique liberté !

Adagietto
Marie Maurel de Maillé et Brigitte Bauer ont fait un parcours dans la mémoire, un road movie au coeur de l’âme féminine, joué avec application comme une petite musique de chambre, scandée par les rythmes de l’intuition dans la continuité de l’ouvrage « American photographs » de Walker Evans, chaque passage, chaque image répondant à un ordre interne qui convoque aussi le mystère.
Voyage en forme d’album de vie entre mère et fille, et femme en âge de créer, paysages et rêves, voyage imaginaire croisé avec le réel où la boucle se boucle dans un éternel retour, car l’histoire n’est pas linéaire mais circulaire et en ascension comme dans la spirale galaxie.

Voyage assemblé comme un opus.

L’opus Maurel-Bauer.
La photographie a toujours eu besoin d’accompagnements, de légendes pour se structurer, soit au voisinage de la littérature en dialectique avec les mots : ou bien de l’histoire et de la sociologie ou encore du cinéma, mais aussi aux côtés de la musique où à la suite de Valérie Jouve les images de souvenirs d’avenir s’égrènent comme des notes sur une portée, animant une partition, où l’on saute d’images en images, le coeur ballant.
C’est là que nous entraînent Marie Maurel de Maillé et Brigitte Bauer à travers ces pages chantées de l’intérieur, pages de deux vies, de deux oeuvres mêlées, indissociables, confondues dans cette sonate féminine visuelle à travers les âges et le temps…

Andante littéral sur papier musique
L’ouverture se fait élégiaque avec cette garniture rouge mélancolique, hymne aux pieds raffinés du XVIIIe libertin et magique, avant de pénétrer par deux portes : (celle de Marie ? Celle de Brigitte ? ) dans le grand chantier de réhabilitation.
Dans l’atelier l’image contrecollée est manière de dire que nous voici dans la ferme, dans la maison, dans le pays. Retour à l’unique présence masculine du jeune frère, adolescent rieur et à la mère, cérémonieuse et baignée de tout ce rouge flamboyant.
Les souvenirs d’avenir à la crème qu’elle déguste posément, presque lourdement : ah mon enfant, chérie encore ma robe rouge de passage.
Nous faisons l’aller-retour entre deux époques, l’âge béni de l’innocence et ce gâteau d’anniversaire qui nous rappelle au temps qui passe : 1987, 2017...
Je revoyais alors le papillon bleu qui vole auprès des murs de la chambre, quand ma figure d’enfant se révélait dans l’argent de la photographie négative.
Dubitative à l’aube de Norvège, où mon père traversait jadis les étendues glacées. Et où ma robe vierge de l’estran fêtait mes noces. C’est la marée qui monte et qui descend et me sépare bientôt de ma vie de femme adulte, quand mon anima livide croyait encore aux infantes.
La nuée a envahi la vallée blanche des plaines allemandes, la recouvrant de tristesse, pendant que les ancêtres préparent le voyage du retour, vidant les murs nus de l’habitation abandonnée de cette mère adorée qui vogue déjà au-devant des façades de béton grises.
La grive ne chante plus, muette, hiératique, hésitante entre la lumière fluette des forêts du clair-obscur, le linge léger, froissé de la jeunesse oubliée. Tes mains sur ma nuque rassurent en vain le silence où l’éternelle belle dame surgit tel un spectre doré, renouante jeunesse, reflet noyé flottant comme Ophélie, quand la mélancolie nous raconte des histoires de batailles victorieuses et de conquêtes hardies, de territoires inconnus des rêves que l’on réanime.
Cette maman paysanne au milieu des enfants de Brueghel contemple l’horizon fermé des souvenirs d’avenir de la petite fille qu’elle est.

Gilles Verneret

 

Vernissage le 6 juin 2019 à partir de 18h30

Visite commentée par les artistes le 7 juin 2019 à 15h




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