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PARIS 3e : EXPOSITION COLLECTIVE "JAPON BRUT" A LA GALERIE CHRISTIAN BERST


Du 31/08/2019 au 05/10/2019
Galerie Christian Berst, 3-5 passage des Gravilliers, 75003 PARIS



Du 31 août au 5 octobre 2019,

 

"Japon brut"

La lune, le soleil, yamanami
 

Kazumi Kamae, Yumiko Kawaï, Yukio Miyashita, Masaki Mori, Satoshi Morita, Momoko Nakagawa, Hiroya Oji, Yuichiro Ukaï, Hideaki Yoshikawa.

 

Monolithes en argile, broderies ombilicales, écritures obsessionnelles, cartographies psychédéliques et uchronies bestiales : pour cette rentrée, nous avons l’immense plaisir de présenter pour la première fois en France une exposition collective consacrée à neuf créateurs d’art brut japonais, pensionnaires de l’atelier Yamanami (Konan). Au travers d’une quarantaine d’oeuvres - dessins et sculptures - l’art brut japonais se lève au dessus des chaînes de montagnes (yamanami) de l’est pour irradier un paysage jusqu’ici étranger. L’examen d’un paradoxe est une exquise nourriture pour l’esprit. Et l’art brut n’en est pas avare. Ou du moins est-ce le régime auquel les arpenteurs de ce champ sont accoutumés. Dubuffet avait commencé, en 1949, par inscrire l’exemption de culture artistique au fronton de son temple brut. Tandis qu’il admettra, plus de trois décennies plus tard, « qu’il subsiste toujours des références au conditionnement culturel ». Précisant même que « les manières de s’écarter de l’art culturel sont en nombre infini ».

L’art brut japonais en est un exemple frappant. D’abord parce nous pouvons, nous autres occidentaux, l’observer avec la distance culturelle qui est la nôtre. Et y déceler, donc - au-delà de la mince couche d’exotismedes caractéristiques propres, en même temps que nous sommes touchés par la part d’universalité que recèlent ces oeuvres.

En 2017, l’exposition Komorebi, au Lieu Unique, à Nantes, nous avait fourni l’exemple le plus brillant de cette hétérogénéité harmonique. La dizaine d’artistes que nous avons sélectionnée à l’atelier Yamanami, à Konan – et dont certains ont été présentés à l’Asia Center de l’Université de Harvard au début de l’année – nous permet de goûter, à nouveau, à ce paradoxe saisissant.

Il y a là Kamae et Yoshigawa, qui accouchent dans l’argile de peuplades et de monolithes hiératiques ; Kawai, dont les ombilics brodés nous aspirent dans leur course concentrique ; Miyashita, propageant des mots qui lui sont étrangers comme des insectes sur la feuille ; Morita, aux figures dansantes tels des Giacometti dégingandés ; Ohji, dressant des cartographies péninsulaires tout à fait psychédéliques ; Mori et ses processions sérielles et grouillements moléculaires ; Nakagawa, passant de l’ondoiement de fréquences colorées au tamponnage de chiffres dans des halos de café ; et puis il y a Ukai, sorte de Bosch nippon du XXIe siècle qui serait passé maître dans l’uchronie foisonnante.

Leurs oeuvres s’affranchissent des standards, des leurs comme des nôtres. Si nous ne savions rien de leurs auteurs, ni des processus agissants, il se pourrait même que nous les prenions pour l’art le plus contemporain qui soit. Ce ne serait d’ailleurs pas leur faire injure, ce serait simplement réducteur. Comme si, observant l’éclat de la lune, nous n’y voyions que la lune, oubliant le soleil tapi derrière la chaîne de montagnes (Yamanami en japonais).
 




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