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PARIS 4e : EXPOSITION MICKALENE THOMAS "JET : BEAUTES DU MOIS" A LA GALERIE NATHALIE OBADIA


Du 25/09/2019 au 16/11/2019
Galerie Nathalie Obadia, 3 rue du Cloitre Saint-Merri, 75004 PARIS



Du 25 septembre au 16 novembre 2019,

 

MICKALENE THOMAS

"JET : BEAUTÉS DU MOIS"

 

MICKALENE THOMASJET : BEAUTÉS DU MOIS25 septembre - 16 novembre 20193, rue du Cloître Saint-Merri75004 ParisLa Galerie Nathalie Obadia est très heureuse de consacrer une troisième exposition à l’artiste américaine Mickalene Thomas, une figure essentielle de la scène artistique aux Etats-Unis qui contribue depuis ses débuts à l’affirmation de la féminité et de la culture afro-américaine, à travers des portraits et intérieurs domestiques aux mises en scène puissamment évocatrices. L’artiste bénéficie d’une actualité importante marquée par plusieurs expositions personnelles : Mickalene Thomas: Femmes noiresfin 2019-2020 au Contemporary Art Center de la Nouvelle-Orléans, après la Art Gallery of Ontario de Toronto, et une exposition au Bass Museum de Miami à partir de décembre prochain.

Sur fond de papiers peints vintages, l’exposition à la galerie présente un ensemble récent de peintures sur panneaux de bois et de collages sur papier, deux mediums de prédilection pour l’artiste qui manie par ailleurs la photographie, la vidéo et la troisième dimension, créant dans le cadre de certains projets de véritables environnements qui semblent directement issus de ses compositions picturales. Devenu un enjeu de représentation, le corps de la femme noire occupe ici une place centrale et fait l’objet d’une projection à la fois sociale, historique et fantasmatique, à la croisée de multiples symboles et sources d’inspiration.

Le travail de mise en scène, auquel elle s’adonne notamment lors de séances de pose photographique avec des modèles choisis dans son entourage proche, est essentiel dans l’oeuvre de Mickalene Thomas. Chaque parcelle, chaque objet, chaque tissu représenté ou chaque texture en surface contribue en effet à rendre compte d’une identité complexe qui est la sienne, par extension de l’histoire culturelle black et LGBT. C’est en effet dans des intérieurs rétros que Mickalene Thomas choisit de représenter ses muses, puisant dans de nombreuses revues vintages ou encyplopédies de design un répertoire iconographique à partir duquel elle construit ces décors sixties et seventies aux couleurs pops, patchworks d’imprimés, de photographies, d’aplats mates et de matières séduisantes, dont le dynamisme visuel rappelle le cubisme synthétique et les papiers découpés de Matisse et de Romare Bearden.

L’oeuvre de Mickalene Thomas est d’ailleurs pétrie de références à une histoire de l’art qui a longtemps nié l’influence du modèle noir, et se nourrit d’une culture visuelle commune dont elle fait le vecteur de cet empowerment black et féminin. A la fois hommage et pied-de-nez aux célèbres portraits avant-gardistes du XIXème siècle qui ont marqué aussi bien l’histoire de la peinture que l’évolution d’une société, son oeuvre reprend à son compte le potentiel érotique et sulfureux de l’Odalisque d’Ingres, de l’Olympia ou du Déjeuner sur l’herbe de Manet, questionnant les notions de canon et de beauté à travers l’histoire.

A l’origine des oeuvres présentées dans l’exposition, de nombreuses recherches préliminaires, notamment dans la revue de référence Jet, publiée à partir des années 1950 et surnommée «The Negro Bible», ou encore dans le magazine érotique Nus exotiques, également contemporain des fifties qui voient émerger le mouvement des droits civiques en faveur des Noirs américains et les prémices d’une contre-culture décisive.

Les motifs choisis par Mickalene Thomas sont découpés puis juxtaposés librement lors d’études préparatoires, au cours desquelles elle décide également des matériaux, impressions sérigraphiques réalisées dans son atelier new yorkais, peinture acrylique ou à l’huile, email, strass, dont seront ensuites composées ses peintures sur panneaux de bois. La multiplicité de ces sources et techniques insuffle aux oeuvres de Mickalene Thomas, souvent imprégnées d’une atmosphère soul, une grande vivacité. Leurs couleurs éclatantes y apparaissent souvent en contre-point de noirs et blancs au charme désuet. L’esthétique exubérante et quasi abstraite qui se dégage aussi bien des peintures que des collages, l’audace de certaines poses et le travail en découpe évoquent par ailleurs ici les photomontages dadaistes. L’aspect composite de ces portraits leur procure une véritable historicité tout en les resituant dans une sorte d’univers mental riche, inspiré et référencé. Les corps ici figurés constituent un terrain de rencontres, un faisceau de symboles entrecroisés. Ils deviennent ainsi porteurs d’une dimension politique en cela qu’ils apparaissent façonnés, à la lumière de débats contemporains, par une histoire, une culture mises en lumière, mais également par le désir vibrant de leur auteur — notons à ce titre l’importance de la peau pixellisée qui sur certaines oeuvres semble sonder au plus près l’ADN du modèle, sa couleur de peau et sa sensualité.

Consciente de faire partie d’un large mouvement qui se joue aujourd’hui, Mickalene Thomas incarne aussi au-delà de l’atelier ce combat en faveur du féminisme et de la reconnaissance des minorités qu’elle représente, par une implication quotidienne dans des rencontres, des événéments, des conversations, au sein de communautés ou auprès de jeunes femmes artistes à qui elle donne régulièrement conseil.

Par une oeuvre exceptionnellement informée qui sait allier maîtrise technique et séduction visuelle, Mickalene Thomas a ainsi su s’imposer dans la lignée de grands artistes afro-américains comme une des ambassadrices actuelles de nombreux sujets sociétaux.

 




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