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MONTPELLIER : EXPOSITION COLLECTIVE "RESPIRATIONS" AU FRAC OCCITANIE


Du 06/04/2019 au 25/05/2019
FRAC Occitanie Montpellier, 4, rue Rambaud, 34006 MONTPELLIER



Du 6 avril au 25 mai 2019,

 

Patty Chang, Simone Decker, Maïder Fortuné, Grazia Toderi

"Respirations"

 

Il y a juste un an, au printemps 2018, l’exposition « À la lumière » articulait quatre vidéos centrées sur la question du corps : celui de quatre artistes masculins mettant en jeu, dans la lumière de différents espaces, leurs « frictions » avec d’autres réalités. Une forme d’engagement « virile », fortement érotisée, était explorée au moyen d’images projetées dans l’espace du Frac plongé dans le noir.

L’exposition « Respirations » est née de l’idée de répondre autrement à cette quête existentielle passant par des corps à la fois en action et en image. Quatre autoportraits d’artistes femmes sont à leur tour spatialisés en obéissant à la même configuration formelle. Mais c’est moins la lumière que l’air (ou son absence) qui est l’élément principal dans lequel se déploie leur dynamique propre. Et, davantage que des êtres agissant sur une matière extérieure à eux, c’est la réalité enveloppante ou enveloppée du corps que ces artistes cherchent à éprouver de façon aussi expressive qu’intériorisée.

L’art n’est-il pas d’abord un questionnement sur la condition humaine ? Et cette condition peut-elle être mieux explorée qu’à partir du corps de chacun et de son  apparition  dans l’espace ? C’est cette définition de l’art comme expérience à la fois personnelle et universelle de l’espace physique – déjà centrale dans « À la lumière » – que « Respirations » affronte avec les mêmes moyens mais avec des œuvres témoignant d’un autre point de vue corporel. Ainsi, les technologies de l’image sont envisagées en réponse à la nécessité artistique la plus archaïque, en tâchant d’éviter leur simple usage social.

En entrant dans l’exposition, l’image du visage de Simone Decker enveloppé dans un sac plastique transparent engage la question de cette « sur-vie » qui est, pour quelques-un-e-s, le moteur de la création artistique. Avec Air Bag (1998, coll. Frac Bourgogne) un certain jeu clownesque et grave, truqué et dangereux entre soi et soi, c’est-à-dire entre le soi visible et le soi invisible, suggère l’intercession d’un Autre qui, en sous-main, s’active pour rendre ce double « je » plus… respirable !

Plongeant au fond d’une piscine, la jeune Grazia Toderi expérimentait-elle autre chose que des profondeurs intérieures ? Bien sûr, les actions enregistrées dans Potage éternel et clarté soudaine (1994, coll. Frac OM) s’apparentent d’abord à l’amusante recherche d’une équilibriste, dont les tentatives d’ouverture d’un parapluie en situation d’immersion relèvent de l’absurde. Mais bientôt son effacement régulier dans la nuit instille une inquiétude : l’apparition de cette figure féérique est un signe mystérieux envoyé aux vivants qui, à l’instar du spectateur, espèrent et redoutent les imagos.

Totem (2001, coll. Frac Normandie Rouen) est aussi issue de l’énergie d’un corps en action. Maïder Fortuné l’a réalisée en manipulant une séquence de quelques secondes où elle saute à la corde. Ralentissant ou modifiant l’image avec divers instruments informatiques, elle a transformé son visage afin de donner le sentiment d’une démultiplication de son identité. En un même visage, cent visages cohabitent, manifestant un sujet de plus en plus irréel, symbolique, voire « totémique ». Du masque appliqué et concentré de l’enfant qui joue à celui, terrible et sombre, de la dissolution mortelle, c’est une lente scansion temporelle qui est rendue visible avec une magnifique intensité.

Comme en 2018, une ultime chambre de projection présente une œuvre dont la charge érotique induit une relation plus frontale. Or, pour « Respirations », Fountain de Patty Chang (1999, coll. Frac Lorraine) est elle-même la réplique d’une confrontation spéculaire en miroir. Dans une flaque d’eau, l’artiste aspire son propre reflet, dans un bruissement sensuel interrompu par ses reprises de souffle et ses lèchements de babines ! Narcisse n’était qu’un charmant dandy à côté de cette femme absorbée par son image au point de vouloir l’assimiler à sa propre substance. Mais n’est-ce pas le désir intime de chacun de jouir charnellement de son rêve, de sa propre projection idéale ?

Dans la continuité de l’espace obscur dans lequel le spectateur laisse glisser son propre corps, ces quatre images d’artistes en action posent des jalons, des intervalles, des ruptures utiles à la création du sens et de soi.

 

Entrée libre du mardi au samedi de 14h à 18h, fermé les jours fériés




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