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GENTILLY : EXPOSITION CECILE CUNY, NATHALIE MOHADJER, HORTENSE SOICHET A LA MAISON DE LA PHOTOGRAPHIE ROBERT DOISNEAU


Du 21/02/2020 au 19/04/2020
Maison de la Photographie Robert Doisneau, 1 rue de la Division du Général Leclerc, 94250 GENTILLY



Du 21 février au 19 avril 2020,

 

Cécile Cuny, Nathalie Mohadjer, Hortense Soichet

"On est pas des robots" - Ouvrières et ouvriers de la logistique

 

La logistique consiste à organiser l’entreposage et le transport des matières premières, des composants pour l’industrie et des marchandises depuis leurs lieux de fabrication jusqu'à leurs lieux de consommation. L’image du « flux tendu » et les promesses de sa digitalisation présentent cette activité comme un écoulement continu et auto-régulé de marchandises. Or les entrepôts constituent des points de passages obligés pour pouvoir contrôler, stocker, dégrouper, préparer et réexpédier les marchandises vers leur destination finale. Ces activités sont effectuées par des agents de tri, caristes, agents d’expédition, agents de réception, manutentionnaires, magasiniers ou pickers.

Ces métiers représentent 13 % des emplois ouvriers en France, 17 % en Allemagne. Ils sont principalement localisés dans des zones logistiques, à la périphérie des grandes agglomérations. Souvent décriées pour leurs pollutions environnementales, les zones logistiques sont l’œuvre d’acteurs concrets. Des années 1970 aux années 1990, les implantations logistiques ont majoritairement lieu au sein de zones industrielles préexistantes. Les terrains, acquis et réhabilités par des sociétés d’aménagement publiques, sont disponibles pour tout type d’implantation d’entreprises. Le rôle des autorités municipales se limite à la signature des permis de construire.

Durant les années 1990, émerge un marché immobilier dominé par de grandes firmes internationales (Prologis, Global Logistic Properties, Goodman, Segro). Ces firmes développent et gèrent des zones logistiques de plusieurs entrepôts, totalement privées et closes, dont ils sont les seuls responsables : de la construction des bâtiments à l’aménagement en passant par la gestion quotidienne. C’est précisément sur ces nouveaux lieux du travail ouvrier et sur les mondes sociaux qui se déploient à partir d’eux que porte l’enquête présentée dans cette exposition. Des vies précairesLe secteur logistique est le premier employeur d’intérimaires en Allemagne – 21,7 % – et le second en France – 12,2%. Dans les entrepôts étudiés pour cette enquête, la proportion d’intérimaires est supérieure à 30 %. Néanmoins, la situation des intérimaires est différente dans les deux pays.

En France, certaines ouvrières et certains ouvriers, le plus souvent jeunes, valides, célibataires et discriminés sur la base de critères sexistes et racistes, privilégient l’intérim pour le surcroît de revenus des « primes de précarité » et l’imaginaire de la mobilité qu’il véhicule. La multiplication des heures supplémentaires, l’enchaînement des missions peuvent ainsi leur permettre de développer des pratiques de consommation qui ne sont pas à la portée des franges les plus précaires des classes populaires (achat de voitures et de vêtements de marque, investissements locatifs, sorties régulières au restaurant, voyages à l’étranger). Ce type de stratégie reste néanmoins difficilement tenable dans la durée parce qu’elle suppose beaucoup d’endurance physique et accélère l’usure des corps.

En Allemagne, refuser un CDI ne paraît pas envisageable pour les intérimaires, tant les différences de revenus sont importantes (de l’ordre de 5 euros bruts horaires) avec leurs collègues embauchés. Accéder à un emploi stable par la signature d’un contrat pérenne signifie très souvent en finir avec de multiples galères : obtenir un titre de séjour pour les travailleuses et travailleurs étrangers, ne plus dépendre d’un mari ou d’un parent violent, obtenir la garde d’un enfant, accéder à un logement décent, réduire le temps de trajet quotidien par l’acquisition d’une voiture.

 

Du mardi au vendredi 13h30 - 18h30
samedi et dimanche 13h30 - 19h
Fermée les jours fériés




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