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Agenda


PARIS 6e : EXPOSITION EMANUEL PROWELLER "LE VIF DU SUJET" A LA GALERIE VALLOIS


Du 06/09/2021 au 09/10/2021
Galerie GP et N Vallois, 33-36 rue de Seine, 75006 PARIS



Du 6 septembre au 9 octobre 2021,

 

EMANUEL PROWELLER

"LE VIF DU SUJET"

 

Varsovie-Paris : un aller simple pour Emanuel Proweller, mon père, arrivé gare de l’Est, apatride sans bagages avec femme et enfant. La guerre lui a confisqué sa jeunesse, volé son identité, réduit en cendres son monde et sa famille.

[…] Dépassant d’innombrables obstacles, il explique « la vitalité est faite de telle sorte que tu épouses la couleur du sol tout de suite. »

[…] Quand Proweller peint, il convie tous ses sens à chanter « La couleur des saisons », il ne cesse d’exprimer sa gratitude envers la vie. Pas d’art sans spiritualité. Il peint comme on prie. Chaque coup de pinceau célèbre sa croyance inébranlable en l’Humanité. Que ce soit sous forme abstraite ou par la fi gure, tout objet pictural, même le plus modeste, mérite d’être magnifi é, poussé jusqu’au symbole. Bouteille, moulin à café, bougeoir etc. forment sa Mythologie Quotidienne personnelle avant la lettre. La couleur est son credo alors que ses contemporains sonnent le glas de la peinture et montent des installations.

[…] Au sortir de l’enfer de la Shoah, Proweller a retrouvé une place de sujet et cessé d’être objet de persécution. Cependant, c’est en peignant qu’il gagne à ses yeux sa légitimité de survivant, impose ce « Je » qui fait l’action, sujet du verbe peindre. « Moi, Proweller, peintre ». Le sujet, c’est d’abord lui.

Il prône aussi le droit au sujet pictural. En 1948, tout juste réfugié de Pologne, il peint le « Bâton de Moïse ». Dénommée « la Canne » au moment de sa première exposition chez Colette Allendy, cette canne le guidera comme sa foi humaniste, à travers d’arides traversées du désert pour l’amener jusqu’à sa véritable Terre promise : une nouvelle fi guration.

[…] Proweller a réchappé du noir et blanc. Chez lui, le « point noir » au bout de la ligne a ouvert la voie à la fi gure et à la couleur au-delà de l’abstrait géométrique. Ainsi parvient-il à ré-humaniser le monde. […] Peintre mort, il bénéfi cie d’une vie supplémentaire et continue d’exister par son oeuvre qui n’a pas pris une ride. Peinte au siècle dernier, elle parle toujours et de plus en plus aux hommes et femmes d’aujourd’hui. A chaque rétrospective ou exposition, elle surprend par sa vitalité, sa fraîcheur, son actualité. Et ce miracle éclate une fois de plus avec bonheur aux murs de la Galerie Vallois. Lorsque [Emanuel Proweller] terminait une toile debout devant son chevalet, il ne la déclarait terminée qu’en murmurant : « Elle respire. »

Elisabeth Brami-Proweller,
extraits du catalogue publié aux Éditions Courtes et Longues à l’occasion de l’exposition




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