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Agenda


PARIS 6e : EXPOSITION LUCIE PICANDET "LES SUSPENSEURS DE LA REALITE" A LA GALERIE VALLOIS


Du 06/09/2021 au 09/10/2021
Galerie GP et N Vallois, 33-36 rue de Seine, 75006 PARIS



Du 6 septembre au 9 octobre 2021,

 

LUCIE PICANDET

"LES SUSPENSEURS DE RÉALITÉ"

 

Vous avez traversé un miroir. Ici, vous êtes de l’autre côté des choses. Non, pas dans un ailleurs. Voyez donc : tout ne vous est pas inconnu, certaines figures vous sont même familières. Néanmoins, attendez-vous à toucher des choses autrefois informes. Lucie Picandet les a façonnées, seule, au printemps dernier, alors que le temps s’était arrêté. Dans ses peintures on voit des mondes s’épanouir sous des cloches, des êtres hybrides qui semblent être le fruit d’une union entre deux espèces, des fringues suspendues et habitées par des corps absents, des interférences et sans doute certaines incohérences.

La première d’entre elles, c’est peut-être que Lucie Picandet veut représenter ce qui ne peut l’être tout en acceptant de faire le deuil du visible. Ce paradoxe, l’artiste l’explore à travers deux vécus énigmatiques. D’abord, elle s’intéresse aux expériences ésotériques qui plongent les personnes qui y sont confrontées dans des mondes interstitiels que la science peine encore à expliquer. Durant ces laps de temps, leurs sens sont décuplés. Leurs émotions prennent forme, elles se laissent toucher avant de s’échapper à mesure que la raison leur revient. Puis l’artiste fait la découverte du Livre des morts tibétain qui décrit le cheminement des êtres physiquement morts : quarante sept jours durant lesquels la conscience de ceux-ci tente de franchir diverses étapes dans l’espoir d’atteindre le Nirvana. Il s’agit alors de fl uidifi er sa vision du monde pour s’extirper du cycle des réincarnations, d’abandonner tout jugement et avec, une partie de soi.

Lucie Picandet est peintre mais fi nalement son regard n’a de cesse de se poser sur ce qui ne se voit pas. Pendant ses études en théologie, la question de la matérialité de la croyance l’animait déjà. En emménageant à la lisière de la forêt de Fontainebleau, l’artiste a développé une vie intérieure d’autant plus riche, laissant éclore une passion nouvelle pour les expériences mystiques et leurs récits. Elle souhaite donc encore davantage aujourd’hui matérialiser les sentiments et les abstractions. Ses tableaux sont ainsi devenus des portes ouvertes vers ces espaces mentaux dans lesquels des mondes en gestation dans des bulles sont toisés par des bêtes hybrides aux ambitions trop peu nettes. Ils réclament une plasticité réfl exive mais sont aussi des refuges pour qui souffre de solitude.

Lucie Picandet se joue des codes et des grammaires. Elle s’inspire des icônes orthodoxes tout autant que des agents de l’imaginaire contemporains que sont
les infl uenceurs des réseaux sociaux. Ici, les contours de l’invisible se laissent façonner comme s’il s’agissait d’un objet palpable et les choses autrefois tangibles glissent à leur guise d’une forme à l’autre. Les frontières entre le réel et l’immatériel, le rationnel et le mystique sont mises à mal, couchées sur une toile et diluées dans l’huile que l’artiste emploie pour la première fois dans son travail. Si bien qu’il semblerait que Lucie Picandet voit à travers les mondes.

Camille Bardin




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